L’instabilité géopolitique redéfinit les chaînes d’approvisionnement mondiales. Les menaces biologiques deviennent de plus en plus sophistiquées. Le changement climatique met à rude épreuve les systèmes alimentaires et les ressources naturelles. Et les systèmes de santé sont appelés à faire plus avec moins, alors même que la promesse d’une médecine de précision se précise d’année en année. Les données et les technologies génomiques ont un rôle à jouer pour relever tous ces défis.
La génomique peut nous aider à développer des cultures résistantes au changement climatique, à mettre en place l’infrastructure de données qui alimente la médecine axée sur l’IA, à détecter les menaces biologiques avant qu’elles ne se transforment en crises et à stimuler la croissance économique dans les secteurs des sciences de la vie, de l’agroalimentaire et des ressources naturelles au Canada. Toutefois, pour réaliser ce potentiel et assurer au Canada un avantage concurrentiel dans ce domaine technologique de pointe, il faut plus qu’une excellence scientifique. Il faut une démarche coordonnée et ciblée, visant non seulement à générer des connaissances, mais aussi à fournir des solutions à l’échelle nationale.
C’est précisément la raison d’être de Génome Canada. Depuis plus de 25 ans, nous contribuons à faire du Canada un chef de file reconnu dans le domaine de la génomique, en établissant une base solide pour la recherche, en soutenant des talents de calibre mondial et en finançant des projets de recherche novateurs. En 2020, nous avons pris la décision stratégique de transformer notre approche, passant d’un financement plus traditionnel de la recherche à une innovation axée sur la mission, en harmonisant les capacités et la communauté génomiques canadiennes avec des défis et des solutions spécifiques. Notre livre blanc, intitulé « Recherche axée sur la mission : Comment Génome Canada s’attaque aux problèmes complexes », explique notre démarche.
Du financement de la recherche à la formulation de solutions
La recherche menée par des chercheurs, l’excellence scientifique et l’évaluation par les pairs demeurent essentielles. Ce qui a changé, c’est la façon dont nous nous organisons autour de ces éléments. L’innovation axée sur la mission commence par une question que la plupart des programmes de recherche ne posent pas d’emblée : de quelle solution spécifique le Canada a-t-il besoin, et que faudra-t-il pour la mettre au point?
Plutôt que de financer des recherches dont les retombées sont incertaines, nous cernons des défis nationaux concrets, nous définissons ce que nous considérons comme une réussite, puis nous mettons en place des portefeuilles coordonnés de recherche, d’infrastructures et de partenariats pour parvenir à nos fins. Nous investissons 12 à 18 mois dans la consultation des utilisateurs finaux, des décideurs politiques et des communautés avant toute allocation de fonds, afin de nous assurer que les missions répondent aux priorités du monde réel et que les personnes qui ont besoin de solutions contribuent à leur élaboration.
Il en résulte une relation fondamentalement différente entre la science et ses retombées : des découvertes liées, dès le départ, aux systèmes et aux voies nécessaires pour les mettre en œuvre.
Les six dimensions qui définissent notre travail
Des solutions intégrées, plutôt qu’un cloisonnement disciplinaire. Chaque initiative commence par un enjeu clairement défini qui nécessite des interventions intersectorielles. Notre initiative de santé de précision cherche à déterminer des façons de garantir l’accès équitable à la médecine génomique dans tout le Canada. Notre initiative agroalimentaire cherche à déterminer comment le Canada peut mettre en place des systèmes alimentaires résilients au changement climatique. Aucun de ces enjeux ne peut être résolu par une seule discipline.
Des portefeuilles cohérents, plutôt que des projets individuels. Lorsque nous définissons un problème, nous concevons un portefeuille complet nécessaire pour le résoudre : recherche agricole, plateformes de données, programmes d’engagement, mobilisation des connaissances. Chaque composante est sélectionnée parce qu’elle s’inscrit dans une architecture de changement plus large.
Des solutions du monde réel, plutôt que de simples résultats de recherche. Nous n’investissons pas dans le séquençage du génome humain uniquement pour découvrir de nouveaux marqueurs génétiques. Nous cherchons à transformer la façon dont les soins de santé sont dispensés à toute la population canadienne, en mettant en place l’infrastructure de données, les outils cliniques et les cadres de gouvernance qui font de la médecine génomique une réalité concrète.
Un investissement équilibré dans l’innovation, plutôt qu’une aversion au risque. Pour obtenir des résultats transformateurs, il faut s’engager dans des projets ambitieux et accepter que les démarches ne mènent pas toutes au succès. Nous adhérons à cette idée, tout en assurant l’imputabilité grâce à une gestion fondée sur des étapes clés qui permet de garder les missions sur la bonne voie.
Un leadership national directionnel, plutôt qu’une facilitation neutre. Nous coordonnons activement les capacités du Canada en matière de génomique en fonction des priorités nationales : adaptation au changement climatique, préparation aux pandémies, biosécurité, compétitivité économique.
Une orchestration stratégique de l’écosystème, plutôt qu’une simple coordination. Notre position privilégiée à l’échelle nationale et notre réseau fédéré unique avec les centres de génomique régionaux nous permettent d’harmoniser les initiatives provinciales, de mettre en relation les chercheurs de différentes régions et de veiller à ce que les efforts déployés se renforcent mutuellement. Cette orchestration crée souvent plus de valeur que notre financement direct à lui seul.
Ce que nous avons appris
La coordination axée sur la mission améliore la qualité scientifique au lieu de la compromettre : la science s’améliore parce que son objectif est plus clair. Des objectifs clairs sont le moteur de cette harmonisation : lorsque les participants de tous les secteurs peuvent voir exactement vers quoi ils travaillent, la coordination devient stimulante plutôt que contraignante. Et notre rôle de rassembleur et de connecteur, qui consiste à apporter de la cohérence à des capacités dispersées, est souvent celui qui crée le plus de valeur.
L’importance de cette approche dans le contexte actuel
La capacité du Canada à maintenir sa souveraineté, sa compétitivité économique et la santé de sa population et de son environnement dépend de sa capacité à transformer rapidement et à grande échelle ses capacités scientifiques en solutions concrètes. La génomique alimente les infrastructures de données prêtes pour l’IA, renforce la biosécurité et la préparation aux pandémies, consolide la résilience des systèmes alimentaires et soutient la gestion durable des ressources naturelles. Il s’agit d’une infrastructure nationale stratégique.
L’approche axée sur la mission de Génome Canada nous permet de garantir que nos capacités se transforment en résultats concrets : des efforts nationaux coordonnés, axés sur les défis les plus urgents du Canada, conçus pour produire des résultats qui profitent à la population, aux industries et aux communautés de partout au pays.
Ce livre blanc fait état de ce que nous avons accompli et des leçons que nous avons tirées. Nous espérons qu’il sera utile à ceux qui se posent des questions similaires sur la manière de mettre l’excellence scientifique au service des solutions dont le Canada a le plus besoin.
Lire le livre blanc complet: Recherche axée sur la mission: Comment Génome Canada s’attaque aux problèmes complexes
Apprenez-en plus sur les domaines d’intervention prioritaires de Génome Canada pour 2025-2030.
À propos de Génome Canada
Génome Canada est un organisme national sans but lucratif qui dirige des missions de recherche à grande échelle visant à traduire l’excellence de la science en solutions économiques, sanitaires et environnementales. Nous alignons l’écosystème génomique du Canada en vue d’un impact.